Interview avec le porte parole de la P.L.A.D.E

Interview avec le porte parole de la P.L.A.D.E

Publie Samedi 20 Mai 2023 à 22:57

Par

Aimé Ovambe

de la redaction en chef


Bonjour M. ABDEL YOUNOUSS NSOUNFON, je suis ravi de vous accueillir aujourd’hui chez L’œil du Cyclone pour cet interview spécial sur les problèmes rencontrés par les étudiant.e.s étranger.e.s en Belgique principalement les étudiant.e.s hors Union Européenne. Vous êtes le porte-parole de la P.L.A.D.E (Plateforme de Lutte pour l’Amélioration des Droits des Etudiant.e.s étranger.e.s), association ayant pour but de mettre fin à la précarisation des étudiant.e.s étranger.e.s. Nous allons donc plonger dans votre univers afin de savoir quels sont vos objectifs, les défis rencontrés et vos perspectives pour l’avenir. Bienvenue encore et merci de partager votre expérience avec nous.

Mr Younouss Nsounfon pouvez-vous nous rappeler pourquoi la PLADE est née et quels sont ses objectifs ?
« Bonjour M. Aimé Ovambe je suis ravi que nous puissions avoir cet interview. La P.L.A.D.E est née suite à tous les ordres de quitter le territoire que bon nombres étudiant.e.s étranger.e.s particulièrement les HORS UE recevaient en fin 2022 à la suite de l’augmentation disproportionnée du montant que devait avoir un garant pour prendre en charge un.e étudiant.e. C’est à la suite cet événement que nous nous sommes rassemblés. La P.L.A.D.E est une plateforme d’associations étudiantes avec le soutien de quelques associations partenaires.
Comme objectifs nous souhaitons répondre méthodiquement à des problèmes urgents, nous souhaitons identifier les difficultés rencontrées par tou.te.s les étudiant.e.s étranger.e.s. Nous souhaitons fédérer les différentes associations estudiantines représentantes des étudiant.e.s étranger.e.s et toute association qui partage les valeurs de la P.L.A.D.E. Identifier les partenaires pour nos différentes causes, mener des actions fortes, légales et pacifiques pour le changement. Mettre sur place une cellule d’écoute et de suivi afin d’accompagner les étudiant.e.s étranger.e.s qui rencontrent des difficultés. Nous souhaitons aller plus loin et mettre sur pied une sorte de clinique juridique qui aura en son sein des étudiant.e.s en fin de diplomation, des diplômés ou même des avocats qui pourraient apporter leur pierre à l’édifice qu’est la défense des droits des étudiant.e.s.
Pour rajouter à cela nous défendons l’égalité, la dignité et l’émancipation des étudiant.e.s étranger.e.s et militons contre la précarité estudiantine. Nous nous élevons aussi contre de toute forme de discrimination au nom de l’égalité et nous souhaitons aussi que tous les étudiant.e.s soient solidaires dans cet engagement. »
Quels sont les difficultés rencontrées par ces étudiant.e.s étranger.e.s et particulièrement les hors UE et qu’est ce qui contribue à les aggraver ?
« Comme difficultés rencontrées par les étudiants hors UE, nous avons premièrement les lenteurs et les lourdeurs administratives car les durées de traitement des dossiers de renouvellement de séjour vont parfois à 10 mois voir 12 pour certains ce qui n’est pas légal car selon la législation en vigueur, le délai est de 90 jours pour rendre une décision. Cette lenteur rend difficile pour les étudiant.e.s de trouver des stages nécessaires à leur formation, rend les ERASMUS impossibles, des difficultés à faire des jobs étudiants et aussi ces étudiants se retrouvent prisonniers en Belgique car sans titre de séjour ils ne peuvent pas quitter le territoire Belge.
Le deuxième problème concerne l’augmentation disproportionnée du revenu minimum que pouvait disposer un garant. C’est ainsi que, beaucoup d’étudiant.e.s qui avaient leur oncles, leur tantes ou membre proche de la famille qui les prenaient en charge avec un salaire de 2000 euros il y’a quelques années, se retrouvent sans garant et donc impossible pour eux/elles de pouvoir renouveler leur titre de séjour. Face à ce mur, les étudiant.e.s se sont donc tourné.e.s vers des intermédiaires pour avoir des prises en charge qui se sont avérées des prises en charges non authentifiées, mettant l’étudiant.e en situation d’irrégularité avec un risque de recevoir un Ordre de quitter le territoire de la part du Gouvernement fédéral.
Une autre difficulté est celle des rendez-vous dans les communes. Vous conviendrez avec moi qu’avoir un rendez-vous dans une commune pour renouveler son titre de séjour en Belgique est un vrai parcours du combattant et dans d’autres communes, les espaces ne sont pas aménagés pour recevoir les résidant.e.s étranger.e.s.
Nous avons aussi la situation des étudiant.e.s après leur diplomation. Les étudiants doivent avoir un permis unique, permis qui doit être demandé par l’employeur et laquelle s’ajoutent des conditions complexes. Cette situation fait en sorte que des étudiant.e.s diplômé.e.s qui souhaitent avoir de l’expérience en Belgique avant de retourner dans leur pays sont confronté.e.s à cette barrière du permis unique, ce qui n’est pas facile pour eux.
Enfin nous souhaitons que tou.te.s les étudiant.e.s hors UE soient inclus.es dans le décret paysage, c’est à dire qu’ils/elles doivent avoir les mêmes conditions de réussite qu’un étudiant belge ainsi que les exigences que demande ce décret paysage ce qui n’est pas forcément le cas actuellement. Vous conviendrez avec moi M. que dans certaines universités l’étudiant.e HUE au bout de sa première année n’ayant pas eu minimum 45 crédits soumet une demande dérogatoire au doyen pour se réinscrire et peut se voir être refusé de se réinscrire alors que le décret prévoir une impossibilité de réinscription lorsque les 60 crédits de première année ne sont pas validé après 2 année d’étude. »
Quels sont les actions entreprises et les projets en cours par la Plateforme pour remédier à tous ces problèmes ?
« Nous avons organisé une manifestation le 11 mai dernier qui marquait le début des revendications publiques de la P.L.A.D.E et nous avons beaucoup d’autres projets en cours notamment la mise en place de la clinique juridique comme dit plus haut, parce qu'aujourd'hui beaucoup d’étudiant.e.s sont livré.e.s à eux/elles-mêmes et cette clinique juridique va aider à résoudre les problèmes par lesquels les étudiant.e.s étranger.e.s particulièrement Hors UE passent au quotidien. »
Jusqu'ici quels ont été les résultats de tout ce qui a été mené ?
Jusqu'ici nous avons eu une rencontre avec la ministre de l’Enseignement supérieur qui n’a pas été fructueuse car nous avions eu l’impression que La ministre n’était pas au courant des problèmes nous concernant. Nous avons encore des rencontres avec des personnalités publiques et politiques dans les jours à venir pour nous entretenir par rapport à nos revendications et pointe du doigts le malaise que nous vivons et nous espérons qu’à la suite de ces échanges des décisions concrètes seront prises. »
Quels sont les principaux obstacles et défis rencontrés par la PLADE jusqu’ici ?
« L’un des principaux obstacles est sur le plan financier, parce que voyez-vous la P.L.A.D.E est une jeune organisation qui a vu le jour en décembre 2022. Elle n’a même pas encore 06 mois d’existence et vous conviendrez avec moi que gérer une Plateforme d’une telle envergure avec un minimum d’exigence demande pas mal de fond pour pouvoir subvenir à toutes les dépenses de nos différents départements tel que la communication, les médias, les déplacements, les impressions etc. Nous avons aussi comme obstacle le fait que des étudiant.e.s ont peur de ce combat. La majorité des étudiant.e.s HUE viennent souvent des pays où il n’est pas possible de manifester ou bien de dire haut ce qu’ils pensent tout bas. C’est un point que nous avons commencé à attaquer car la manifestation du 11 mai l’a montrée, elle a réuni plus de 500 étudiants, ça prouve qu’il y’a une prise de conscience et que les choses évoluent bien. »
Travaillez-vous en collaboration avec des partenaires ?
« Nous travaillons avec plusieurs partenaires entre autres la FEF qui nous a beaucoup soutenu et qui continue de nous soutenir, la zone de droit, CIEP, JOC, ECOLO J et bien d’autres. Vous pouvez tous les retrouver sur nos différents réseaux sociaux Facebook, Instagram, Twitter etc. juste en tapant dans la barre de recherche “PLADE”. »
Quels sont vos objectifs à long terme et comment envisagez-vous élargir votre influence pour un impact plus important ?
« A long terme nous voulons que la PLADE puisse intégrer les pouvoirs de décisions afin que des solutions soient prises de façon préventive et non curative comme actuellement. Que la P.L.A.D.E soit vraiment comme la “Bible” de tout.e étudiant.e étranger.e en Belgique et pour cela le chemin sera long mais nous y arriverons, car nous allons utiliser tous les voies et moyens nécessaires pour faire comprendre les enjeux et les objectifs de la P.L.A.D.E à tou.te.s les étudiant.e.s et en nous rapprochant des personnalités politique et les autorités compétentes qui pourront nous aider dans ce sens. »

Merci Mr Younouss Nsounfon pour avoir répondu à toutes nos questions et nous espérons vous retrouver très prochainement. 


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